On va me reprocher certainement d'être soudain trop pessimiste et révolté. Tramezzinimag est un magazine virtuel qui se donne des airs superficiels avec ses chroniques sur les petits riens, ses recettes de cuisine et les extraits de mon journal. Part de rêve et bonheurs tranquilles. Pourtant avec cette marée, la quatrième plus forte Acqua Alta de tous les temps, il est temps de le crier haut et fort : Venise est en danger et sa sauvegarde ne peut attendre 2014. Six ans de travaux sont en effet nécessaires pour arriver à ce que les gigantesques portes mobiles du M.O.S.E. se mettent à fonctionner, sauf imprévus. L'aggravation du dérèglement climatique, la poursuite de conduites insouciantes de la part des industriels et des politiques, l'appât du gain immédiat, l'immobilisme et la lenteur de l'administration, comme hier la prééminence des intérêts particuliers, mettent aujourd'hui plus que jamais la ville en danger.
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Les techniques ancestrales abandonnée à tort.
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Depuis la création de la cité des doges, il y a eu de nombreuses inondations. Le peuple de Venise s'est adapté. Les constructions ont été modifiées, les infrastructures de la ville, les voies de circulation, les accès à la mer, l'estuaire et toutes les rivières qui se jettent dans la lagune ont été modifiées, aménagées, en des temps où l'homme n'avait pratiquement que ses bras comme machine-outil. Des ouvrages ingénieux ont permis à la République de Venise de résister aux intempéries et aux assauts de l'Adriatique. Cela a duré des siècles. Mais aujourd'hui, après avoir anéanti la République, les ennemis de Venise ont désarticulé dès 1793 tout son système de protection, ses méthodes de protection et de construction. Tout a sombré dans l'oubli pendant près de deux cents ans. Il a fallu la catastrophe de 1966 pour que les consciences s'éveillent et que des ingénieurs avisés fassent appel à des historiens pour rechercher les antiques usages. S'étonnant du peu de résistance des briques modernes, on a étudié la fabrication traditionnelle. On s'est rendu compte que la terre utilisée et le mode de cuisson aboutissait à une réaction chimique qui protège naturellement la structure même du matériau de l'érosion. A la salinité naturelle s'est ajoutée la présence de toxines nées de la pollution. Les matériaux traditionnels résistent mieux que ceux de fabrication industrielle. On a compris aussi pourquoi les pali de bois enfoncés dans l'eau de la lagune depuis trente ans pourrissent aussi vite alors que certains sont en place depuis deux cents ans... Longtemps, le curetage des canaux qui incombait aux riverains sous la surveillance de l'administration, fut abandonné. L'envasement qui en résultait a provoqué plus de dommages que toutes inondations survenues en plusieurs siècles. La pollution et les modifications climatiques ont bon dos. C'est la bêtise de l'homme moderne qui est responsable avant tout. cet aveuglement qui nous a fait croire que la science et le progrès auraient raison de toutes les difficultés. Nous avons cru pouvoir dompter la nature et c'est aujourd'hui la vengeance de la nature. A Venise comme ailleurs. Nous payons cher l'orgueil de ces 100 dernières années !
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Les techniques ancestrales abandonnée à tort.
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Depuis la création de la cité des doges, il y a eu de nombreuses inondations. Le peuple de Venise s'est adapté. Les constructions ont été modifiées, les infrastructures de la ville, les voies de circulation, les accès à la mer, l'estuaire et toutes les rivières qui se jettent dans la lagune ont été modifiées, aménagées, en des temps où l'homme n'avait pratiquement que ses bras comme machine-outil. Des ouvrages ingénieux ont permis à la République de Venise de résister aux intempéries et aux assauts de l'Adriatique. Cela a duré des siècles. Mais aujourd'hui, après avoir anéanti la République, les ennemis de Venise ont désarticulé dès 1793 tout son système de protection, ses méthodes de protection et de construction. Tout a sombré dans l'oubli pendant près de deux cents ans. Il a fallu la catastrophe de 1966 pour que les consciences s'éveillent et que des ingénieurs avisés fassent appel à des historiens pour rechercher les antiques usages. S'étonnant du peu de résistance des briques modernes, on a étudié la fabrication traditionnelle. On s'est rendu compte que la terre utilisée et le mode de cuisson aboutissait à une réaction chimique qui protège naturellement la structure même du matériau de l'érosion. A la salinité naturelle s'est ajoutée la présence de toxines nées de la pollution. Les matériaux traditionnels résistent mieux que ceux de fabrication industrielle. On a compris aussi pourquoi les pali de bois enfoncés dans l'eau de la lagune depuis trente ans pourrissent aussi vite alors que certains sont en place depuis deux cents ans... Longtemps, le curetage des canaux qui incombait aux riverains sous la surveillance de l'administration, fut abandonné. L'envasement qui en résultait a provoqué plus de dommages que toutes inondations survenues en plusieurs siècles. La pollution et les modifications climatiques ont bon dos. C'est la bêtise de l'homme moderne qui est responsable avant tout. cet aveuglement qui nous a fait croire que la science et le progrès auraient raison de toutes les difficultés. Nous avons cru pouvoir dompter la nature et c'est aujourd'hui la vengeance de la nature. A Venise comme ailleurs. Nous payons cher l'orgueil de ces 100 dernières années !.
Les vénitiens en colère.
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Un vieil ami vénitien, ancien magistrat, me disait tout à l'heure au téléphone sa rage : "Je ne suis pas du genre pessimiste, l'apocalypse n'est pas ma tasse de thé, mais là, je crois vraiment que nous arrivons au bout. Même un sursaut gigantesque ne parviendrait pas à sauver la Venise que nous adorons. Il est trop tard. Qui permettra aux gens de revenir s'installer ? Qui régulera le tourisme ? Qui recréera l'écosystème moribond ? Qui fera revenir les poissons, les mollusques et les oiseaux ? Chaque année des tas d'espèces disparaissent. Là où on recueillait le sel, on ramasse des hydrocarbures et des algues empoisonnées, là où on cultivait de quoi nourrir une République, on bâtit des résidences de luxe. Que veux-tu qu'on puisse sauver ?"Les vénitiens sont en colère. On avait bien prévenu qu'il y avait un risque, mais personne ne pensait que la marée serait aussi dévastatrice. Sur le littoral, des kilomètres de plage ont disparu, les cabines de bain du Lido ont été emportés. A Chioggia, Sootomarino, Malamocco, Burano, l'eau a fait de nombreux dégâts. Un raz de marée. Les commerçants du centre historique ont passé la journée à pomper l'eau sale qui a tout emporté dans leurs boutiques. Une journée de travail de moins pour les restaurants et les bars. Pour certains, c'est l'ensemble des marchandises qui est détruit. le marché de Noël de Santo Stefano n'est plus qu'un dépôt d'immondices en tous genres. "Tout est par terre, un vrai champs de bataille" disaient hier soir des marchands en pleurs qui tentaient de sauver les restes de leurs marchandises, "on nous a laissé seuls, personne ne nous est venu en aide".
....L'impression d'avoir été abandonné par les autorités.
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Partout le même discours : "Aucune aide des pouvoirs publics. Il a fallu se débrouiller tout seul... Les pompes hydrauliques n'ont servi à rien... Il y en avait plus qui rentrait qu'il n'en sortait... Il aurait fallu des pompes industrielles, mais ici à Venise, à part les pompiers personne n'en a." A l'entrée du campo San Pantalon, Massimo Capelliari, qui tient le bar "impronta" raconte que l'eau a dépassé chez lui les 173 cm : "j'ai restauré le local il y a trois ans et il a été mis hors d'eau à 160 cm du niveau normal de l'eau, cette fois-ci j'avais 13cm d'eau dans le bar". Du côté de San Marco, tous les magasins sont restés fermés. A l'intérieur les commerçants se sont affairés toute la journée pour essayer de limiter les dégâts. "Un vrai désastre", disait en larmes Piera Bartoluzzi, l'herboriste de la Ruga Giuffa, qui a perdu la plus grande partie de son stock rentré pour Noël. Thés, tisanes, produits de beauté, des milliers d'euro perdus. La police est intervenue quand des jeunes gens en barque ont voulu se promener entre les arcades. La place était infranchissable même avec des cuissardes. Seuls quelques touristes et des jeunes vénitiens se sont amusés un petit moment dans l'eau mais le froid a eu raison de leur enthousiasme... Au Rialto, on a vu flotter de tout, des rats crevés, des caisses de bois, des sacs poubelle... Partout des immondices et parfois des odeurs pestilentielles à cause de la remontée des eaux usées et des égouts. Le responsable du magasin Play the game, principal vendeur de jeux vidéo de la ville, a perdu plusieurs milliers d'euro de marchandise, plusieurs consoles de jeux, imprimantes, scanner, ordinateurs. Lui aussi crie au désastre.... Même du côté de la Strada Nova, endroit le plus élevé de la ville, les dommages sont importants. "je n'ai jamais vu ça depuis 1966" déclare un torréfacteur. Pendant ce temps, les marchands de bottes en caoutchouc ont fait des affaires. A 11 heures, on n'en trouvait plus une seule paire en ville. le malheur des uns faisant toujours la fortune des autres, les prix ont flambé en quelques heures. De 20 euros, on a vu des articles se négocier jusqu'à 100 euros au plus fort de l'acqua alta !
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Partout le même discours : "Aucune aide des pouvoirs publics. Il a fallu se débrouiller tout seul... Les pompes hydrauliques n'ont servi à rien... Il y en avait plus qui rentrait qu'il n'en sortait... Il aurait fallu des pompes industrielles, mais ici à Venise, à part les pompiers personne n'en a." A l'entrée du campo San Pantalon, Massimo Capelliari, qui tient le bar "impronta" raconte que l'eau a dépassé chez lui les 173 cm : "j'ai restauré le local il y a trois ans et il a été mis hors d'eau à 160 cm du niveau normal de l'eau, cette fois-ci j'avais 13cm d'eau dans le bar". Du côté de San Marco, tous les magasins sont restés fermés. A l'intérieur les commerçants se sont affairés toute la journée pour essayer de limiter les dégâts. "Un vrai désastre", disait en larmes Piera Bartoluzzi, l'herboriste de la Ruga Giuffa, qui a perdu la plus grande partie de son stock rentré pour Noël. Thés, tisanes, produits de beauté, des milliers d'euro perdus. La police est intervenue quand des jeunes gens en barque ont voulu se promener entre les arcades. La place était infranchissable même avec des cuissardes. Seuls quelques touristes et des jeunes vénitiens se sont amusés un petit moment dans l'eau mais le froid a eu raison de leur enthousiasme... Au Rialto, on a vu flotter de tout, des rats crevés, des caisses de bois, des sacs poubelle... Partout des immondices et parfois des odeurs pestilentielles à cause de la remontée des eaux usées et des égouts. Le responsable du magasin Play the game, principal vendeur de jeux vidéo de la ville, a perdu plusieurs milliers d'euro de marchandise, plusieurs consoles de jeux, imprimantes, scanner, ordinateurs. Lui aussi crie au désastre.... Même du côté de la Strada Nova, endroit le plus élevé de la ville, les dommages sont importants. "je n'ai jamais vu ça depuis 1966" déclare un torréfacteur. Pendant ce temps, les marchands de bottes en caoutchouc ont fait des affaires. A 11 heures, on n'en trouvait plus une seule paire en ville. le malheur des uns faisant toujours la fortune des autres, les prix ont flambé en quelques heures. De 20 euros, on a vu des articles se négocier jusqu'à 100 euros au plus fort de l'acqua alta !.
Les monuments et leur contenu sont menacés.
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A la Marciana, comme à l'Archivio di Stato (lieu historique où sont conservées toutes les archives de la Sérénissime), et au palais des doges, on a frisé la catastrophe. La surintendante Renata Codelli s'inquiète vraiment. Quelques centimètres de plus et certaines réserves étaient touchées : "nous sommes arrivés à la limite du supportable. Ce qui est le plus préoccupant c'est le reflux des eaux qui s'est fait très lentement. Ces hautes marées ne se produisaient autrefois que tous les vingt ou vingt cinq ans. Si le phénomène se reproduit, nous pouvons craindre le pire". Si demain une nouvelle acqua alta, plus importante surgit, il sera impossible de garantir la sécurité des milliers de documents entreposés dans les salles des rez-de-chaussée, même surélevés des bâtiments des Frari comme de ceux de la Piazzetta. Imaginer les manuscrits précieux, les plans et les cartes, les incunables et les registres de mille ans de République partir au fil des eaux sales, me fait froid dans le dos.
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A la Marciana, comme à l'Archivio di Stato (lieu historique où sont conservées toutes les archives de la Sérénissime), et au palais des doges, on a frisé la catastrophe. La surintendante Renata Codelli s'inquiète vraiment. Quelques centimètres de plus et certaines réserves étaient touchées : "nous sommes arrivés à la limite du supportable. Ce qui est le plus préoccupant c'est le reflux des eaux qui s'est fait très lentement. Ces hautes marées ne se produisaient autrefois que tous les vingt ou vingt cinq ans. Si le phénomène se reproduit, nous pouvons craindre le pire". Si demain une nouvelle acqua alta, plus importante surgit, il sera impossible de garantir la sécurité des milliers de documents entreposés dans les salles des rez-de-chaussée, même surélevés des bâtiments des Frari comme de ceux de la Piazzetta. Imaginer les manuscrits précieux, les plans et les cartes, les incunables et les registres de mille ans de République partir au fil des eaux sales, me fait froid dans le dos.Lycéens et étudiants ont fait preuve de présence d'esprit et de civisme.
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Alors que la Ca'Foscari était envahie par les eaux et que le niveau ne cessait de monter, les étudiants ont entrepris de transporter aux étages tout ce qui pouvait souffrir de l'acqua alta, sauvant ainsi des matériels informatiques, des documents. Un peu plus loin, au Lycée Foscarini, les élèves se sont précipités dans la salle qui abrite le petit musée de Physique Antonio Maria Traversis aménagé il y a quelques années avec les collections de l'établissement. Ce sont près de 500 instruments de mathématiques, physique et astronomie, souvent rares, datant des XVIIe et XVIIIe siècles (galvanomètre de Nobili, boussole de l'abbé Camini de 1750, compas de Luvsberg de 1677, etc.), qui ont ainsi pu être sauvés grâce aux jeunes gens. "L'eau commençait à pénétrer dans les vitrines quand les élèves sont allés spontanément sauver le musée" explique le proviseur, Pierandrea Malfi. A l'école Renier Michiel, les cours ont pu avoir lieu. Seul l'ascenseur était en panne et il a fallu organiser des pontons de fortune avec les bancs du réfectoire pour permettre aux repas provenant des cuisines de San Girolamo d'être acheminés dans la salle. Les enfants ont déjeuné un peu plus tard que d'habitude. En revanche, les élèves de l'école primaire Dante Alghieri ont attendu en vain leur déjeuner. Il a fallu appeler les parents pour qu'ils viennent récupérer leur progéniture affamée. Quant à l'autre école de Dorsoduro, la maternelle Santa Teresa, elle est restée fermée, la cour et toutes les classes baignaient sous 40 cm d'eau...
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Alors que la Ca'Foscari était envahie par les eaux et que le niveau ne cessait de monter, les étudiants ont entrepris de transporter aux étages tout ce qui pouvait souffrir de l'acqua alta, sauvant ainsi des matériels informatiques, des documents. Un peu plus loin, au Lycée Foscarini, les élèves se sont précipités dans la salle qui abrite le petit musée de Physique Antonio Maria Traversis aménagé il y a quelques années avec les collections de l'établissement. Ce sont près de 500 instruments de mathématiques, physique et astronomie, souvent rares, datant des XVIIe et XVIIIe siècles (galvanomètre de Nobili, boussole de l'abbé Camini de 1750, compas de Luvsberg de 1677, etc.), qui ont ainsi pu être sauvés grâce aux jeunes gens. "L'eau commençait à pénétrer dans les vitrines quand les élèves sont allés spontanément sauver le musée" explique le proviseur, Pierandrea Malfi. A l'école Renier Michiel, les cours ont pu avoir lieu. Seul l'ascenseur était en panne et il a fallu organiser des pontons de fortune avec les bancs du réfectoire pour permettre aux repas provenant des cuisines de San Girolamo d'être acheminés dans la salle. Les enfants ont déjeuné un peu plus tard que d'habitude. En revanche, les élèves de l'école primaire Dante Alghieri ont attendu en vain leur déjeuner. Il a fallu appeler les parents pour qu'ils viennent récupérer leur progéniture affamée. Quant à l'autre école de Dorsoduro, la maternelle Santa Teresa, elle est restée fermée, la cour et toutes les classes baignaient sous 40 cm d'eau...
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Une grève mal venue.
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Le mouvement des 40xVenezia (les quadras pour Venise), dont j'ai l'honneur de faire partie, a tiré la sonnette d'alarme devant cette eau qui montait à vue d'oeil, avec le vent qui n'a pas faibli de la journée ralentissant le reflux. De nombreuses questions se posent. Avant tout, comment la grève de l'ACTV n'a-t-elle pu être reportée devant l'imminence de ce qui aurait pu être une catastrophe ? Comment la défense d'intérêts particuliers a pu triompher de l'intérêt général ? On ne comprend pas comment le préfet et le maire, qui sont de par la loi investis des pleins pouvoirs en cas d'urgence, ne sont pas intervenus pour faire interdire ou reporter ce mouvement alors qu'on savait la veille que la marée dépasserait les 120 cm ? Les syndicats, devant l'importance de la marée, n'ont décidé de mettre fin à la grève que vers 13 heures !Inutile de préciser combien les bateaux sont utiles quand les passerelles destinées à circuler sont submergées (marées de plus de 1,20m), combien il est important de pouvoir prendre un bus pour rejoindre la terre ferme quand on est trempé jusqu"aux os et au bord de l'hypothermie... On n'a hélas pas fini de polémiquer là-dessus ! Le mouvement a réagi en temps réel alors que la sécurité civile ne s'est organisée qu'au moment du reflux. Et s'il y a avait eu des victimes ?
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Le mouvement des 40xVenezia (les quadras pour Venise), dont j'ai l'honneur de faire partie, a tiré la sonnette d'alarme devant cette eau qui montait à vue d'oeil, avec le vent qui n'a pas faibli de la journée ralentissant le reflux. De nombreuses questions se posent. Avant tout, comment la grève de l'ACTV n'a-t-elle pu être reportée devant l'imminence de ce qui aurait pu être une catastrophe ? Comment la défense d'intérêts particuliers a pu triompher de l'intérêt général ? On ne comprend pas comment le préfet et le maire, qui sont de par la loi investis des pleins pouvoirs en cas d'urgence, ne sont pas intervenus pour faire interdire ou reporter ce mouvement alors qu'on savait la veille que la marée dépasserait les 120 cm ? Les syndicats, devant l'importance de la marée, n'ont décidé de mettre fin à la grève que vers 13 heures !Inutile de préciser combien les bateaux sont utiles quand les passerelles destinées à circuler sont submergées (marées de plus de 1,20m), combien il est important de pouvoir prendre un bus pour rejoindre la terre ferme quand on est trempé jusqu"aux os et au bord de l'hypothermie... On n'a hélas pas fini de polémiquer là-dessus ! Le mouvement a réagi en temps réel alors que la sécurité civile ne s'est organisée qu'au moment du reflux. Et s'il y a avait eu des victimes ?....
Une alternative sans garantie de résultat : le M.O.S.E.
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Tout le monde se pose la question avec le Gazzettino : que ce serait-il passé si le MOSE était opérationnel ? Voilà plus de quarante ans qu'on en parle (en fait dès le lendemain de la catastrophe de 1966). Haute de presque deux mètres, cette gigantesque marée avait libéré les cerveaux des savants les plus brillants de la planète qui décidèrent de sauver Venise, avec en tête l'oriflamme de l'Unesco, après avoir pris conscience qu'il s'en était fallu de peu que Venise fut définitivement rayée des cartes de géographie. La polémique dure encore, en dépit des travaux qui n'avancent pas beaucoup. Il est vrai que cette gigantesque réalisation n'a son pareil nulle part au monde. Les calculs scientifiques démontrent que l'idée fonctionne mais dans la réalité ? Face à une nature capricieuse et de plus en plus dévoyée, est ce qu'une réalisation rationnelle peut l'emporter ? Il s'agit de défendre une ville unique dans une lagune fragile et tout aussi unique unique, par trois grandes bouches situées dans les trois passes d'accès à la mer, avec un port commercial d'un côté et industriel de l'autre pour éviter que les navires à fort tonnage ne pénètrent dans la lagune, comme c'est encore le cas aujourd'hui. Si l'ouvrage avait été en place, les trois bouches d'accès du Lido, de Malamocco et de Chioggia se seraient refermées dès l'alerte. Une heure avant, toute navigation aurait été suspendue. Les grands blocs d'acier et de béton se seraient refermés sur la lagune, protégeant Venise de marées allant jusqu'à trois mètres de haut (le double de 1966). On peut penser que personne ne ce serait aperçu de rien, sauf à être devant le MOSE, au moment de la marée et de la mise en mouvement des cloisons géantes. Ces immenses digues sont censées contribuer à remanier la lagune en l'aidant à retrouver ses fonds d'origine et par là même à reconstituer son écosystème unique au monde. Mais ne rêvons pas, personne ne l'a encore jamais expérimenté en vrai et l'ouvrage ne sera opérationnel qu'en 2014 (au mieux !).
3 commentaires:
On fait ce qu'on peut, on vous relaie, même si on n'a pas votre audience, cela multiplie le nombre d'éventuels lecteurs !!! c'est la force d'internet, souhaitons qu'elle finisse par agir !
http://lepetitrenaudon.blogspot.com/2008/12/coup-de-coeur-et-coup-de-gueule.html
Lorenzo n a pas voulu trop en parler sans doute jusqu à maintenant pour ne pas paraitre trop "ranconaïre" sur ce sujet comme on dit en Provence et laisser un voile de légéreté au dessus de son Blog, mais cela fait plus de trente ans que la question de Venise est vraiment posée! Je me souviens dans les années 80 cette fameuse caricature publiée dans la "Repubblica" où l 'on voit un gros entonnoir rempli d'énormes masses d'argent et au dessous de la goulotte, un robinet qui distille une petite goutte après l autre, et sur la goutte il y a marqué "pour Venise" !! vous immaginez où est passé le reste de l'argent!
d autre part, et peut être Lorenzo en a déjà parlé, il y a les habitants de Venise, les vénitiens, en italien "Veneziani", et il y a aussi les citoyens de la grande région Vénètie,en français "Vénitiens" aussi, mais en italien "Veneti", ce n est pas le même mot en italien ( ou même en dialecte) et ça veut dire aussi que les habitants de Padoue, de Vérone, de Trévise, de Castelfranco Veneto ne sont pas forcément intéressés de financer le sauvetage de Venise alors qu ils ont leurs propres problèmes.
En vérité, Venise est une pseudo-capitale régionale, un pseudo-pouvoir politique, par rapport à Bologne,Turin,Gênes,Florence...
On n a pas trop de vraies solutions italiennes, sauf à dire que, comme Babylone ou Herculanum ou Velleïa, une cité peut disparaître......
Oups !!! cité par le blog d'Eric Valmir !! avec lien vers TraMazzineMag... excusez du peu, mais quand je dis que vous êtes devenu un "institutionnel" de Venise ! Bravo Lorenzo... Même si, au final, Valmir minimise l'aqua alta, c'est plus au nom de l'emprise trop forte des médias sur le sentiment populaire que pour minimiser le problème de Venise !
http://radiofrance-blogs.com/eric-valmir/2008/12/07/en-direct-de-venise/
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