Après Rome, le guide spirituel des boudhistes était reçu par la Municipalité de Venise qui lui a décerné la citoyenneté d'honneur. Rare distinction que la Venise moderne ne confère pas souvent et qui fait rêver. Le Tibet, asservi par l'impitoyable régime de Pékin, les populations massacrées, déplacées, l'industrialisation forcée et la pollution, la destruction des temples et de la nature, et l'exil du premier d'entre eux, sont bien sûr à l'origine de cette manifestation très médiatique. Mais il faut voir dans la venue de ce vieil homme souriant, apôtre de la paix véritable et symbole de la non-violence, la perpétuation d'une idée millénaire à Venise : le lien naturel avec l'Asie, la place historique de la Sérénissime dans un combat qui dépasse celui, vulgaire et limité, de la course aux richesses et aux pouvoirs, mais s'adresse à ce qu'il y a de meilleur en l'homme : l'amour, le respect, la gentillesse, la compassion. Quel plus fort symbole que le drapeau de Saint Marc flottant à côté du flambeau tibétain ? Comme une leçon donnée aux hommes d'aujourd'hui : Venise, cité unique, reine de beauté reçoit et honore un être unique, messager d'amour qui ne peut que trouver dans la beauté de la cité des doges, un écho à son appel. J'ai trouvé terriblement touchant les petits pas de ce vieillard au milieu d'une foule émue et respectueuse, les carabiniers le saluant d'un impeccable garde-à-vous et le ciel qui s'était fait clément. Autrefois, on eut organisé une grande parade marine sur le Grand Canal et le Dalaï Lama accompagné de centaines d'embarcations en tous genres aurait remonté en grande pompe la plus belle avenue du monde... Mais des questions de sécurité ont empêché de renouer avec cette tradition. Il était là, c'était l'essentiel et si la ca'Farsetti pavoisée, l'a accueilli là où quelques siècles plus tôt, le palais des doges aurait été le cadre de sa réception, les vénitiens lui ont réservé le même accueil qu'ils réservaient autrefois aux princes et grands dignitaires étrangers qui se rendaient dans la République de Saint Marc.
Un autre reportage de la journée : l'arrivée à l'aéroport Marco Polo, le trajet en motoscafo jusqu'àu Rialto et la cérémonie. Moment émouvant et drôle : la surprise du Dalaï Lama, quand Massimo Cacciari lui présent le parchemin portant mention de sa nomination comme citoyen d'honneur traduit en tibétain !
3 commentaires:
...beaux reportages ...très difficile de contenir notre émotion ...
anita
Le Dalai Lama est un roi absolutiste, un despot feodal qui veut reinstaller
l'eclavage dans le Tibet. Merde!
Il y en avait pour dire que Gandhi était un criminel, un escroc, un imposteur. Idem pour Martin Luther King ou Jean Paul II ou Frère Roger de Taizé. Les hommes de paix, les gens de conviction déplaisent et dérangent. Soutenir le Tibet et vouloir défendre son indépendance n'est pas une motivation intellectuelle, un phénomène de mode. Seulement un fait naturel : aider et soutenir ceux qui souffrent et ne jamais laisser l'injustice, la violence et la haine remporter de victoire. A ma connaissance, il n'y avait ni esclave ni despotisme ni absolutisme au Tibet, petit pays indépendant à côté de la grande Chine à qui il ne faisait pas grand mal. Je crois malheureusement pour le peuple chinois que les critères que notre commentateur anonyme a choisi pour dé&crire le Tibet d'avant l'invasion s'appliquent tous au régime de Pékin : absolutisme, esclavage, despotisme et féodalité. Tout ceal à la sauce contemporaine et néo-marxiste bien entendu. Mais chacun n'est il pas libre de ses opinions (chez nous du moins et pour le moment).
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